Que nous réservent les élections présidentielles ?

Que nous réservent les élections présidentielles ?

Bienvenue en 2021, à moins d’un an de l’élection, la bataille commencera crescendo, pour le meilleur ou pour le pire. Une crise mondiale et 65 actes de gilets jaunes plus tard, elle s’annonce inédite. Cela malgré les exemples étrangers qui s’accumulent. Petit tour des candidat.e.s sérieux et insolites qui pourraient lancer leur sacro-sainte candidature aux élections présidentielles.

L’époque où la politique se rangeait dans des cases immuables s’éloigne et se meurt à la vitesse d’un buzz. Entre les changements de noms, créations, dissolutions chaotiques de partis ces dernières années, et les réseaux sociaux qui n’ont jamais été aussi agités, tout cela s’annonce être une joyeuse pagaille.

La prudence est de mise lorsqu’il s’agit de vanter sa boule de cristal, mais rien n’empêche les suppositions. En 2016, le fulgurant et polarisant accouchement d’En Marche, passé d’embryon à parti majoritaire en l’espace de 3 ans, nous rappelle que tout peut se jouer très rapidement pour un nouvel entrant, défiant toute forme de pronostics. Par ailleurs, les virages identitaires opérés par différents partis positionnés aux extrêmes ont su se renommer de tigres… à félins.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus. 

L’entrée dans l’hyper-enfer-espace des campagnes médiatiques des élections présidentielle est un exercice politique de longue haleine pour ses prétendant.e.s.  Il y a ceux qui esquivent la question, ceux qui ne disent pas non, mais pas oui non plus. Il y a ceux qui en rêvent chaque jour de leur existence, sans oublier ceux insinuant que ce n’est pas leur rêve, mais qu’après tout, si le peuple le veut, ils iront servir cette grande cause si cela leur semble nécessaire. Quoi qu’il en soit, un peu de renouveau ne fera pas de mal. 

Emmanuel Macron, président désavoué ou transformateur  

Plus si nouveau que ça, Macron divise et fait face aux plus vives critiques. Dans son interview fleuve sur Brut en décembre dernier, le président de la République élu en 2017 laissait sous-entendre qu’il envisagerait sa candidature si la situation le lui permettait, déclarant, non sans héroïsme, ne pouvoir se prononcer, et se battre jusqu’au bout quitte à y perdre.

Sa réélection est incertaine dans le paysage politique actuel et dépendra entre autre de sa gestion de crise.

Gérald Darmanin

Il n’est pas la personnalité la plus appréciée de l’année depuis sa médiatisation dans la loi Sécurité en tant que Ministre de l’Intérieur, et s’est retrouvé plusieurs fois au centre des débats sur les violences policières en tenant des propos discutables. Empêtré dans quelques affaires obscures, sa rigidité gagnerait à avoir un sens de l’humour. Il n’est peut-être pas le candidat idéal. Mais serait-il celui d’Emmanuel Macron si ce dernier devait laisser la porte ouverte à une nouvelle direction d’En Marche ? Comme dans cet exercice rhétorique il s’avouait (héroïquement ?) vaincu. Nul ne sait, nous encore moins.

 Jean-Michel Blanquer 

Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation Nationale ne donne pas l’air d’une stature présidentielle, mais méfions nous des apparences, peut-être est-il le parfait  remplaçant d’Emmanuel Macron à la tête d’En Marche ? 

Il est vrai, son charisme réussi à faire briller ceux qui l’entourent et il  n’a jamais été question nulle part de quelconque scénario, ni de sa part, ni dans aucune rumeur. Nous le soupçonnons toutefois de s’endormir le soir avec une peluche représentant le bâtiment de l’Élysée. Qui sommes-nous pour le juger ?

Où es-tu le PS ?

Le parti socialiste, parmi les derniers survivants de l’ancien paysage politique, est sans dessus dessous depuis des années. Mais pourrait-il encore fédérer quelques espoirs ? Oublions ici les visages de mâles vieillissants, il se pourrait bien que l’évidence soit le choix d’une femme. Il serait temps, surtout dans un parti qui prône le progrès social. La présence d’une candidate à la présidentielle autre que Marine Le Pen n’est plus l’audace des temps passés, mais une évidence et une nécessité. Une arrivante à la présidence du PS semble dorénavant être plus qu’une option.

Dans un pays prônant l’égalité, ne toujours pas avoir eu de femme à la présidence devient pesant. 

Christiane Taubira

On ne la présente plus, figure emblématique du quinquennat d’Hollande, elle n’a jamais été aussi présente médiatiquement que lors du passage de la loi autorisant le mariage Gay dont elle a fait les frais et hérité des lauriers. Au cœur d’un sujet très sensible et sous le feu nourri des critiques, combos racistes et misogynes. Elle est à l’origine de la loi Taubira, tendant la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Son combat pour le progrès social l’a toutefois amené à être comparée à Simone Veil, symbole national de la lutte pour légaliser l’avortement.  Christiane Taubira serait aussi la première femme noire à se présenter aux élections présidentielles en France. Un collectif rennais s’est mobilisé pour soutenir sa candidature et a récolté près de 15 000 signatures, une participante déclarait dans les colonnes de Ouest France « Nous voulons montrer qu’une alternative est possible à la résignation et aux querelles d’ego à gauche.» «On sait qu’elle regarde la chose, même si elle n’a pas pris position ».

Najat Vallaud-Belkacem

Ministre du Droit des Femmes puis ministre de l’Éducation Nationale sous le mandat de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem s’est retirée sagement du paysage politique Français en 2017. Elle est engagée à ce jour dans la lutte contre l’extrême pauvreté en tant que directrice de l’ONG One. L’ancienne ministre s’était illustrée avec réforme des collèges et son engagement pour l’égalité des sexes. Elle est à l’origine d’une amélioration conséquente de la loi permettant de disposer de l’avortement, sans nécessité de prouver “situation de détresse”. Des actions qui lui vaudront elle aussi d’être sous le feu des critiques et de tous les relents sexistes de la société. Son air serein pourra-t-il apaiser la politique française ? L’ancienne ministre se refuse de commenter une quelconque candidature, sans pour autant dire non.

Anne Hidalgo

Vice-présidente de la Métropole du Grand Paris, et maire de Paris avant tout, Anne Hidalgo été réélue en juin 2020 pour un second mandat. Elle est accusée par l’ensemble des automobilistes franciliens d’avoir transformé Paris en piste cyclable verte. Si elle était favorite au PS pour une candidature à la présidentielle, sa politique sociale-démocrate aux engagements forts en écologie pourrait bien récupérer une partie de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon tout en rassemblant les déçus de la Macronie. Le passage de maire de Paris ambitieuse à candidate à la présidentielle, rappellerait le parcours de Jacques Chirac. Son entourage semble confirmer des hypothèses en ce sens mais là encore, rien d’officiel.

La droite, enfin la fin des boomers ?

Ici aussi on manque un peu de parité,  François Fillon, le dernier poulain de l’écurie Les Républicains à s’être présenté aux présidentielles est tombé dans un brouhaha explosif après avoir malencontreusement employé sa femme dans un emploi fictif. Qu’en est- il de la suite ? Nous avons deux candidates en lice et un favori.

Valérie Pécresse, beaucoup de nouveaux trains

Ancienne Ministre de l’Enseignement Supérieur puis Ministre du Budget sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l’actuelle présidente de la Région Ile de France et rivale d’Anne Hidalgo s’est illustrée ces dernières années à la tête de la Région par son implication dans les projets du Grand Paris. Avec notamment l’achat de beaucoup de rames de métros, beaucoup, beaucoup. Puissante figure officiant de l’ombre de la Région, elle confie sa détermination à poursuivre vers 2022, avec ou sans les Républicains.

Rachida Dati

La magistrate et Ministre de la Justice Nicolas Sarkozy pourrait bien être en course pour 2022. Si tout se passe bien. C’est un souhait qu’elle confiait au Times en septembre  “I’ve battled the French elite, now I want to be president”. Ça, c’est dit. Malgré un parcours notable, ce n’est pas la candidate la plus écolo. Elle demandait en 2013 l’arrêt des subventions pour les énergies renouvelables, ce qui lui valu d’être soupçonnée d’être la voix du lobby gazier. Ces subventions faussaient selon elle la concurrence avec les énergies fossiles. En tant que Garde des Sceaux, elle s’est impliquée dans la lutte contre la récidive des majeurs et mineurs. Quelles que soient ses ambitions, l’ancienne maire du 7ème arrondissement a failli s’empêtrer dernièrement dans une affaire de trafic d’influence la liant à l’entreprise Renault dirigée alors par Carlos Ghosn. Une procédure dans laquelle elle continue toutefois d’être impliquée en tant que témoin assisté et qui pourrait encore avoir raison de sa candidature. 

Xavier Bertrand 

En 2017, Emmanuel Macron  lui avait proposé le poste de Premier ministre, un poste qu’il avait refusé “par conviction”. Ministre de la Santé sous Chirac, puis Ministre du Travail sous Sarkozy,  le Président de la puissante région des Hauts de France semble le favori pour être un candidat de la droite des Républicains aux élections présidentielles  de 2022. Du moins s’il n’est pas malencontreusement sali dans un scandale sauvage d’ici-là. Les vieux dossiers ont tendance à faire surface sous différentes formes à l’approche des élections. 

Europe Ecologie les Verts défie le temps

Le parti écologique Europe Écologie Les Verts, fondé dans les années 80 sous “les Verts”, un précurseur incompris à une époque où manger des dérivés de pétrole dans la margarine était encore tendance.  Malgré ses positionnements militants très assumés et son programme peinant à rallier aux élections nationales, le parti n’a jamais été autant d’actualité, Julien Bayou allant jusqu’à affirmer qu’une victoire était possible. Une vision sereine et intrigante pour le parti qui faisait 2,32% au premier tour de 2012, et eu l’admirable position de se rallier au PS en 2016 sous la direction de Yannick Jadot. Les ex-Verts ont en revanche la côte aux élections européennes avec 9 députés et une vague verte semble prendre les municipales depuis quelques années, des statistiques que nous verront peut-être se conformer en 2022.

Yannick Jadot

Conseiller au conseil régional d’île-de-france Yannick Jadot et député européen, le secrétaire général d’Europe écologie les Verts pourrait à nouveau représenter son parti aux présidentielles. 

Les inchangés

Continuons notre visite, vers le cœur du réacteur 4 de Tchernobyl pour retrouver quelques personnalités, piliers inchangés du paysage politique français que l’on classe aux extrémités. Rivalisants d’idées nouvelles, nous y retrouvons les personnalités bruyantes à la source des mutations des mémoires et des débats les plus vifs. Elles sont trop souvent les seules voix pour exprimer le ras-le-bol d’une population essoufflée par une politique nationale tantôt incomprise, tantôt en décalage avec les réalités d’une société qui ne se résume pas en un flyer. Un cri d’alarme essentiel mais une plaie pour la démocratie au regard de l’histoire. L’importance que ces candidats prennent à l’heure où nous sommes si divisés devrait réveiller l’esprit de cohérence du paysage politique. 

Marine Le Pen

A l’extrème droite, la candidate du Rassemblement National est encore aujourd’hui l’une des seules femme en politique française qui fédère, et continue à provoquer autant d’adhésion. Arrivée au second tour en 2017, le grand débat sur France 2 avec Emmanuel Macron l’a montré déstabilisée  et a mis en avant les failles d’une rhétorique populiste maladroite, y compris pour une partie de son propre électorat qui ne l’avait pas encore vu.  Sans doute s’endort-elle en se voyant photographiée, droite et souriante, en face de l’Elysée, prête à la relance économique nationale. A défaut de l’avoir réussi dans son propre parti, elle obtenait en 2019  quelques millions opaques en provenance des Emirats.  Si elle venait à ne pas pouvoir se re-présenter, le RN pourrait bien changer de visage, mais imaginer l’après Le Pen dans cette dynastie est un exercice auquel nous ne nous risquerons pas.

Nicolas Dupont-Aignan

Le fondateur de Debout la France a annoncé sa candidature officiellement après avoir refusé une association avec le RN malgré les tentative de MLP d’appeler à “l’union des français”. Opposé à l’euro, le candidat et député français se déclare gaulliste et souverainiste.

Jean-Luc Mélenchon

Explosant tous les scores de l’extrême gauche avec la création de la France Insoumise, il s’est fait remarquer par un usage remarquable des outils numériques, loin devant tous ces compétiteurs en la matière. Cela grâce au travail d’une jeune équipe de campagne avisée et subjuguée par le personnage à la rhétorique aiguisée. Le grand admirateur du dictateur Hugo Chavez s’est malheureusement montré très déçu de sa défaite au 2eme tour en 2017, avec une réaction peu élégante. Une image qui l’a quelque peu desservie. Tout comme ces scènes magistrales de perquisition dans ses locaux, qui lui vaudront moult critiques pour son agressivité relayée sur Quotidien. L’homme politique a lancé sa candidature citoyenne de son initiative, au cas où sa fanbase ne voudrait pas de lui.

Jean-Marie Bigard

L’humoriste a manifesté son interêt de se présenter à plusieurs reprises sur Instagram, des outils qu’il maîtrise, ou pas, ses déclarations peinant à convaincre par leur alignement avec les moeurs. Une carrière à la Coluche?

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