Quand le Covid engendre le positivisme des soignants.

Quand le Covid engendre le positivisme des soignants.

Mis en lumière durant la crise, perçu comme des héros du quotidien, le personnel soignant s’est vu arriver en tête d’affiche sur tous nos écrans. À l’instar d’influenceurs, d’artistes de renom, ce sont bien nos infirmières, nos aides-soignants et nos médecins qui ont été mis sous le feu des projecteurs. Mais que retiennent-ils de tout ça ? quelles expériences en ressortent ? et quels sont leurs ressentis après cette crise ? 

Chers médias, donnez-moi du Drama 

Assise dans le métro, écouteur dans les oreilles, et comme la plupart des voyageurs, les yeux rivés sur mon téléphone, je décide d’aller jeter un coup d’œil sur les réseaux sociaux. Entre vidéos de chatons, photos d’influenceuses option bikini, option « je culpabilise de ne pas être une bonasse », je tombe sur une vidéo qui me fait instantanément sourire. On y voit des infirmiers, des médecins, des aides soignant se déhancher en rythme, et partir sur une chorégraphie synchro en tenue de travail. Après tout, si des personnes méritent de rire, et de relâcher la pression c’est bien eux ! Paradoxalement, dans les médias, c’est une tout autre image qui ressort. Craquages, pleurs, coup de gueules, le personnel soignant est épuisé « Ils sont à bout », « Les soignants en colère » titraient les journaux il y a quelques semaines. Eh oui ! parce que dans les grands médias, plus c’est Drama, plus c’est trash, plus ça marche. C’est alors que j’ai décidé de me pencher un peu plus sur le sujet. Quelques semaines après la sortie de la crise, et après une prise de recule sur leurs vécus, comment le personnel soignant voient-ils aujourd’hui cette période ? que retiennent-ils ?  

À ces questions, je pensais connaitre la réponse, les voyant comme des héros de la nation, muni de leurs masques et de leurs bistouris ayant pour unique objectif de sauver des vies. Mais après avoir reçu certains témoignages, la réalité m’a vite rattrapé. 

« Je ne me sens pas plus héroïne qu’une caissière qui a travaillé durant cette période »

Lou, interne en Médecine, service des urgences. 

Au moins le ton est donné. Un héros ne craque pas, à des super pouvoirs, reste fort en toute situation, et surtout, un héros sauve des vies. Pourtant, durant la crise, les soignants ont craqué, ils ont eu des moments de faiblesse, et beaucoup de vies n’ont pas pu être sauvées. 

En tant que spectateur confiné pendant cette crise, nous avions droit chaque jour à un comptage des morts liés au coronavirus, avec le temps c’est presque devenu comme un simple bulletin météo. « Aujourd’hui prévoyez 1744 morts, avec une baisse des morts dans le grand est et un cluster identifié au nord », comme une impression de déshumanisation, l’Homme devenait chiffre. Mais eux, infirmières, médecins, aides-soignants ont été désignés comme les acteurs principaux de ce film qui peine à trouver une fin. Ils ont été confrontés à la réalité, ou derrière chaque chiffre il y avait une vie.  Après ce constat, comment ne pas craquer et comment ne pas tomber dans la spiral infernal du spleen. Et pourtant … derrière ces témoignages il en ressort une positivité insoupçonnée. Des fous rires avec les collègues, des interventions what the fuck face à la psychose de patients, des grandes joies, une forte cohésion d’équipe. En parlant avec Lou et d’autres praticiens de leurs « expériences Covid », je m’attendais à un récit à la Grey’s Anatomy, violon, tristesse, drame. Au lieu de ça, il en est ressorti un positivisme, presque poétique, ou les petits moments de bonheur et de joie viennent surplomber les moments dramatiques. Des récits d’expériences, de prise de recul nécessaire pour survivre dans un quotidien aussi dur qui nous prouve bien que, face à eux, les super-héros ne font pas le poids. 

ParEmilie Josse,
le

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