Municipales, c’est arrivé près de chez moi.

Municipales, c’est arrivé près de chez moi.

Société

La vague verte qui a déferlé sur la France ce week-end témoigne d’un changement politique historique sur le plan national. Une transformation qui survient après un rendez-vous électoral très perturbé qui révèle (de nouveau) les failles d’un système politique qui rame. 

Après les cafés, les restaurants et les cinémas, les français.e.s ont pu retrouver leurs urnes préférées, avec un taux de participation estimé entre 40% et 41%. Un chiffre en forte baisse, comparé à 2014. La différence c’est qu’à l’époque, il n’y avait pas eu de pandémie entre les deux tours.

Pour autant, est-ce que cela a changé quelque chose dans l’appréhension de ces élections municipales ? Pas du tout. Tout a été fait, organisé, comme si de rien n’était. Alors que nous avons traversé la pire crise sanitaire de l’histoire moderne, et ce qui a provoqué la plus grande crise économique de l’Histoire tout court. C’est le FMI qui le dit. Alors que dit cette reprise quasi surréaliste de nos habitudes citoyennes ? Peut-être que nous n’osons plus espérer le moindre changement. Le ciel nous est tombé sur la tête, donc le second tour de l’élection municipale…hein, bon voilà. 

Sauf qu’après plus de deux mois passés à prier “le-monde-d’après”, force est de constater un énième paradoxe dans la vie politique française, compte tenu du désintérêt inédit pour l’élection municipale. Sans écarter, bien entendu, la vampirisation des enjeux municipaux, dans un contexte sanitaire international omniprésent. 

PARCE QUE C’EST NOTRE PROJET

Les circonstances toutes particulières de la crise du Covid-19 ont clairement réduit l’espace dédié aux enjeux locaux, que ce soit au sein de petits villages ou au cœur des grandes métropoles. Qui plus est, les candidats n’ont pas réussi à faire vivre les enjeux locaux face à l’ampleur de la crise encore en cours. Et ce malgré le fait que – depuis des années –  les Politiques, les associations, les groupements citoyens n’ont eu de cesse d’expliquer que le renouveau démocratique devait se faire à l’échelon territorial, considéré comme le plus proche des électeurs. 

Une considération rendue visible pendant le confinement, où chacun s’est rendu compte qu’il était nécessaire de faire du local le terrain d’innovation dans les champs de la production alimentaire en circuits courts, de la mobilité durable, de la consommation responsable, du lien intergénérationnel ou encore de la participation citoyenne. 

Mais cette prise de conscience, aussi prégnante soit elle, échoue toujours à mobiliser les électeurs… 

C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ MOI

Durant les (très) longues semaines de confinement, nous nous sommes rendus compte que quelque chose clochait aussi à deux pas de chez nous : la gestion des déchets, l’usage du plastique, l’épandage déraisonné de pesticides… Les problèmes “locaux” s’accumulent et son bien visibles.  Mais, dans ce même laps de temps,  le débat politique au niveau local s’est brutalement arrêté. 

Pour cause : l’urgence de la sécurité nationale a pris le pas dans la couverture médiatique, mais surtout dans les préoccupations des citoyens partout sur le territoire. Dommage, puisque les élus locaux et candidats avaient là une occasion inédite de faire valoir la voix des territoires dans la construction du “monde d’après”. On peut en tirer plusieurs conclusions. 

D’abord l’incapacité des candidats à réinventer les codes du débat politique tant sur le fond que sur la forme.  Nombreux ont été les candidats à ne pas s’exprimer pendant le confinement, faisant reposer la légitimité du rôle politique entièrement sur les épaules de l’État, en renforçant (paradoxalement) sa force et sa portée. En ce sens, jamais les figures du Président et du Premier Ministre ne sont apparues aussi messianiques. 

La politique locale a donc échoué dans sa capacité à créer des espaces de contre pouvoirs, ou à être force de proposition dans l’écriture d’un nouveau récit politique ô combien attendu. Plus encore, malgré la révolution digitale, les candidats se sont souvent retrouvés dans l’incapacité de maintenir un lien avec leurs administrés, dès l’instant où le contact physique a été rendu impossible. Difficile en quelques jours désormais de pouvoir renouer un lien aussi distendu.

RETOUR À L’ANCIEN MONDE 

Face à ce double constat d’impuissance des candidats et élus locaux à faire infuser un imaginaire politique local, les élections municipales 2020 ressemblent à un grand bond en arrière dans l’ancien monde. Car comme depuis des années ces élections se réduisent à une étape de sanction de la majorité présidentielle en place. 

Historiquement, les municipales de 2008 peuvent être analysées comme un vote sanction face à la politique de Sarkozy et une victoire éclatante de la gauche. Puis en 2014, à l’inverse, le PS de François Hollande se prenait un revers cuisant. 2020 ne fait pas exception, quand on voit la raclée que s’est pris LREM. Le problème c’est que ce modèle d’élection-sanction creuse un peu plus le fossé entre l’État et les territoires. 

Si le changement de président s’accommode d’une machine d’État qui dépasse les clivages politiques au niveau national (tant certaines administrations sont fortes et assurent la continuité de l’action), le schéma est très différent au niveau local. 

L’alternance politique au niveau local immobilise la mise en place de politiques publiques concrètes, et empêche de véritables projets de territoires qui ont besoin de vision pour pouvoir inventer de nouvelles façons de gouverner. Et surtout investir pleinement les sujets d’urgence comme…la transition écologique.

LE TERRITOIRE EN 2020 : UNIQUE ESPOIR ET NOUVEAU MODÈLE ? 

Au-delà du besoin d’accorder plus de pouvoir et d’autonomie aux territoires, il s’agit pour les élus locaux de redevenir des véritables politiciens au sens le plus noble, en répondant aux aspirations d’une population et en proposant des horizons plus ambitieux. Le retour d’un État fort suite à la crise du Covid 19 – comme Macron l’a incarné –  menace donc plus que jamais les territoires, en risquant de leur faire perdre leurs capacités d’innovation.

Le monde de demain ne se fera pour les nouveaux élus locaux qu’en combinant une approche étatique forte,  avec une multiplicité d’approches territoriales qui ont les moyens de prouver leur capacité à expérimenter, notamment au niveau de la transition écologique. 

Plus que jamais, les citoyens sont attachés au projet de territoire qu’ils habitent bien plus qu’à l’étiquette du personnel politique les représentant. Gageons que les nouveaux élus municipaux se saisiront d’un nouveau discours pour relancer la démocratie concrète, et redonner un sens global à la politique locale.

Après les cafés, les restaurants et les cinémas, les français.e.s ont pu retrouver leurs urnes préférées, avec un taux de participation estimé entre 40% et 41%. Un chiffre en forte baisse, comparé à 2014. La différence c’est qu’à l’époque, il n’y avait pas eu de pandémie entre les deux tours.

Pour autant, est-ce que cela a changé quelque chose dans l’appréhension de ces élections municipales ? Pas du tout. Tout a été fait, organisé, comme si de rien n’était. Alors que nous avons traversé la pire crise sanitaire de l’histoire moderne, et ce qui a provoqué la plus grande crise économique de l’Histoire tout court. C’est le FMI qui le dit. Alors que dit cette reprise quasi surréaliste de nos habitudes citoyennes ? Peut-être que nous n’osons plus espérer le moindre changement. Le ciel nous est tombé sur la tête, donc le second tour de l’élection municipale…hein, bon voilà. 

Sauf qu’après plus de deux mois passés à prier “le-monde-d’après”, force est de constater un énième paradoxe dans la vie politique française, compte tenu du désintérêt inédit pour l’élection municipale. Sans écarter, bien entendu, la vampirisation des enjeux municipaux, dans un contexte sanitaire international omniprésent. 

PARCE QUE C’EST NOTRE PROJET.

Les circonstances toutes particulières de la crise du Covid-19 ont clairement réduit l’espace dédié aux enjeux locaux, que ce soit au sein de petits villages ou au cœur des grandes métropoles. Qui plus est, les candidats n’ont pas réussi à faire vivre les enjeux locaux face à l’ampleur de la crise encore en cours. Et ce malgré le fait que – depuis des années –  les Politiques, les associations, les groupements citoyens n’ont eu de cesse d’expliquer que le renouveau démocratique devait se faire à l’échelon territorial, considéré comme le plus proche des électeurs. 

Une considération rendue visible pendant le confinement, où chacun s’est rendu compte qu’il était nécessaire de faire du local le terrain d’innovation dans les champs de la production alimentaire en circuits courts, de la mobilité durable, de la consommation responsable, du lien intergénérationnel ou encore de la participation citoyenne. 

Mais cette prise de conscience, aussi prégnante soit elle, échoue toujours à mobiliser les électeurs… 

C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ MOI

Durant les (très) longues semaines de confinement, nous nous sommes rendus compte que quelque chose clochait aussi à deux pas de chez nous : la gestion des déchets, l’usage du plastique, l’épandage déraisonné de pesticides… Les problèmes “locaux” s’accumulent et son bien visibles.  Mais, dans ce même laps de temps,  le débat politique au niveau local s’est brutalement arrêté. 

Pour cause : l’urgence de la sécurité nationale a pris le pas dans la couverture médiatique, mais surtout dans les préoccupations des citoyens partout sur le territoire. Dommage, puisque les élus locaux et candidats avaient là une occasion inédite de faire valoir la voix des territoires dans la construction du “monde d’après”. On peut en tirer plusieurs conclusions. 

D’abord l’incapacité des candidats à réinventer les codes du débat politique tant sur le fond que sur la forme.  Nombreux ont été les candidats à ne pas s’exprimer pendant le confinement, faisant reposer la légitimité du rôle politique entièrement sur les épaules de l’État, en renforçant (paradoxalement) sa force et sa portée. En ce sens, jamais les figures du Président et du Premier Ministre ne sont apparues aussi messianiques. 

La politique locale a donc échoué dans sa capacité à créer des espaces de contre pouvoirs, ou à être force de proposition dans l’écriture d’un nouveau récit politique ô combien attendu. Plus encore, malgré la révolution digitale, les candidats se sont souvent retrouvés dans l’incapacité de maintenir un lien avec leurs administrés, dès l’instant où le contact physique a été rendu impossible. Difficile en quelques jours désormais de pouvoir renouer un lien aussi distendu.

RETOUR À L’ANCIEN MONDE 

Face à ce double constat d’impuissance des candidats et élus locaux à faire infuser un imaginaire politique local, les élections municipales 2020 ressemblent à un grand bond en arrière dans l’ancien monde. Car comme depuis des années ces élections se réduisent à une étape de sanction de la majorité présidentielle en place. 

Historiquement, les municipales de 2008 peuvent être analysées comme un vote sanction face à la politique de Sarkozy et une victoire éclatante de la gauche. Puis en 2014, à l’inverse, le PS de François Hollande se prenait un revers cuisant. 2020 ne fait pas exception, quand on voit la raclée que s’est pris LREM. Le problème c’est que ce modèle d’élection-sanction creuse un peu plus le fossé entre l’État et les territoires. 

Si le changement de président s’accommode d’une machine d’État qui dépasse les clivages politiques au niveau national (tant certaines administrations sont fortes et assurent la continuité de l’action), le schéma est très différent au niveau local. 

L’alternance politique au niveau local immobilise la mise en place de politiques publiques concrètes, et empêche de véritables projets de territoires qui ont besoin de vision pour pouvoir inventer de nouvelles façons de gouverner. Et surtout investir pleinement les sujets d’urgence comme…la transition écologique.

LE TERRITOIRE EN 2020 : UNIQUE ESPOIR ET NOUVEAU MODÈLE ? 

Au-delà du besoin d’accorder plus de pouvoir et d’autonomie aux territoires, il s’agit pour les élus locaux de redevenir des véritables politiciens au sens le plus noble, en répondant aux aspirations d’une population et en proposant des horizons plus ambitieux. Le retour d’un État fort suite à la crise du Covid 19 – comme Macron l’a incarné –  menace donc plus que jamais les territoires, en risquant de leur faire perdre leurs capacités d’innovation.

Le monde de demain ne se fera pour les nouveaux élus locaux qu’en combinant une approche étatique forte,  avec une multiplicité d’approches territoriales qui ont les moyens de prouver leur capacité à expérimenter, notamment au niveau de la transition écologique. 

Plus que jamais, les citoyens sont attachés au projet de territoire qu’ils habitent bien plus qu’à l’étiquette du personnel politique les représentant. Gageons que les nouveaux élus municipaux se saisiront d’un nouveau discours pour relancer la démocratie concrète, et redonner un sens global à la politique locale.

ParMounir Belhidaoui,
le

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