Le i-vote, bientôt dans l’appstore

Le i-vote, bientôt dans l’appstore

T’as jamais changé ton bureau de vote ? Tu ne retrouves pas ta carte d’électeur ? En théorie la solution existe. Direct sur une appli. A voté !

T’en a marre de faire 1 heure de RER les dimanches d’élections et de te taper un énième déjeuner familial pour entendre que le candidat de droite n’est « pas si mal » ? Avec le I-vote, ou le vote par internet, tu choisis ton bulletin et tu peux enfin faire peser ton vote pour le candidat Écolo de ton choix sans annuler ton brunch post gueule de bois.

Le bureau de vote c’est la préhistoire ?

La faible participation aux élections c’est comme le réchauffement climatique. Si on ne fait rien ça continuera à s’aggraver. L’abstention bat des records à chaque comptage, elle est en « hausse libre » depuis 30 ans. Dimanche dernier ça n’a pas manqué, 41% des gens ne se sont pas déplacés. C’est quasiment mécanique et ça pèse surtout sur les plus jeunes. Les boomers eux (la génération née juste après-guerre) continuent en majorité à se pointer dans l’école du quartier pour voter pour le même candidat blanc de 75 ans.

Les causes de l’abstention ? Elles sont multiples : la flemme, la météo, les déplacements, la pandémie, les politicailleries (oui c’est un mot entendu sur BFM). Mais malgré le ras-le-bol des électeurs sur le fond, pourquoi ne pas tenter un profond changement sur la forme ? Oui on parle bien de pouvoir voter directement sur ton smartphone. 

La petite république numérique

C’est ce qu’a mis en place l’Estonie, la première république numérique du monde. Ce petit pays baltique, ancienne république satellite de l’union soviétique, a entamé sa transition numérique à marche forcée dès les années 90. Le gouvernement a très rapidement investi dans le développement du Wi-Fi à grande échelle, avec la mise en place de hotspots et la création de la géniale « Carte d’identité numérique » sécurisée par la technologie Blockchain.

Aujourd’hui « 96 % des échanges avec les services publics se font aujourd’hui en ligne, je pourrais vous vendre ma voiture sans quitter cette pièce et sans qu’on ait à s’échanger des papiers. On mettrait sûrement plus de temps à discuter du prix qu’à faire les démarches. » sourit Taavi Kotka, fonctionnaire au gouvernement en charge de la transition numérique dans une interview au Parisien. Effectivement en Estonie on peut se marier en ligne, divorcer en ligne et bien sûr… voter en ligne.

C’est magique : le taux de participation aux élections a même augmenté de 150% depuis la mise en place du système de vote en ligne. Et ce sont près de 44% des votants qui ont préféré utiliser ce système au dernières législatives l’année dernière. directement connecté à la carte sim de son téléphone pour s’authentifier. Sur la méthode, Tarvi Martens, concepteur du vote électronique estonien déclaré au journal Le Monde en 2011 : “il faut seulement disposer d’un ordinateur, d’une carte d’identité électronique et de deux codes PIN, l’un pour s’identifier au début de la procédure, l’autre pour apposer sa signature électronique”. L’utilisation du téléphone portable permet simplement à l’électeur de “s’identifier non plus grâce à sa carte d’identité électronique mais par la carte SIM de son mobile”.

Le vote par internet en France ? c’est possible.

Enfin pas pour tout le monde, et pas toujours. Le premier système de i-vote a été mis en place au législative de 2011 pour les français de l’étranger, mais le système a été annulé « en raison des risques de piratage informatique » déclare le site France diplomatie.

 Les experts de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) craignaient notamment une attaque par « déni de service », c’est-à-dire une surcharge de trafic faisant capoter la plateforme, rapportait le Monde à l’époque. Ils avaient aussi relevé une fuite de données qui aurait pu être exploitée par des hackers malveillants. Pourtant le même site France Diplomatie a laissé aparaitre le paragraphe suivant, quelque peut déconcertant quand on connaît le résultat : « Avant d’être homologuée, la plateforme de vote par internet a subi plusieurs tests afin de vérifier son ergonomie, sa robustesse face aux différentes formes de menaces cybernétiques et sa conformité aux grands principes électoraux qui sont l’accessibilité des électeurs au suffrage, le secret du vote et la sincérité du scrutin. » Oui, on a à faire un degré de frilosité bien Français. Sam Curry, responsable de la sécurité chez Cybereason déclare dans le même article du Monde.

« On a la technologie et le savoir-faire pour mettre en place une plateforme de vote par Internet, mais ce serait très difficile et très dangereux de vouloir aller vite. Il faut mener des tests sur la durée, ça peut prendre quatre ou cinq ans »

Mais paradoxalement, la crise du covid ne semble pas avoir accéléré les choses. Dans une tribune parue dans le relatif conservateur Figaro fin Juin, une poignée d’intellectuels se désole du retard pris par la France en la matière, et fait l’éloge du formidable élan que donnerait le vote numérique à notre démocratie :

« Rendons-nous donc à l’évidence, la nécessité de se déplacer et la nature chronophage du vote désintéressé une partie croissante de nos concitoyens”. Trois raisons les poussent à faire la promotion du I-vote :

1-   Ca a fonctionné en Estonie

2-  On est plus serein pour choisir son candidat.e.s derriere son ordinateur au calme que dans un isoloir à l’arrache pour tous les adeptes de la dernière minute.

3-   Notre administration est à la bourre.

Parions que la startup nation saura devenir une puissance numérique à la hauteur de ses ambitions en s’activant un poil sur cette question cruciale, car à l’heure des débats sans fin sur l’application Stop-covid rien n’est moins sûr, la France, pays souvent à raison frileux sur la question de la protection des données a pris un grand train de retard sur leur utilisation. 

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