Un Internet de drones qui livre des kebabs, c’est pour quand ?

Un Internet de drones qui livre des kebabs, c’est pour quand ?

Difficile de s’imaginer à quoi pourraient ressembler les fameuses livraisons en drone. La société Matternet nous en donne un petit aperçu à Berlin en officialisant une ligne automatique dédiée aux hôpitaux.

Admettons que vous vouliez emmener un livre de Christine Boutin à votre amie Chloé qui vit à 9 km de chez vous. Vous vous rendez à une borne au coin de votre rue dans laquelle vous déposez l’ouvrage à l’aide de votre téléphone. Une minute plus tard, le sommet s’ouvre comme des pétales, et un drone s’en échappe. Le voilà qui se pose sur la borne de Chloé. Une petite notification l’invite à chercher son colis, elle badge la borne avec son téléphone et récupère votre cadeau par une petite trappe.

Sur le même principe que cette colonne Morris du futur, on peut s’imaginer un réseau de drones fonctionnant sur des relais, pour parcourir de plus longues distances. Disons que Chloé à l’issue de sa lecture a décidé de tout quitter pour déménager à 50 km de chez vous. Elle souhaite, en toute politesse, vous renvoyer le livre et le dépose à sa nouvelle borne. Le drone-livreur,  s’équipe du livre, vole 10km et s’arrête dans un relais à mi-chemin. Le colis y est transféré à un second drone rechargé à bloc qui vient prendre la suite. Cela ainsi de suite jusqu’à atterrir à votre borne. 

Malheureusement, un chasseur a shooté le 2ème drone au fusil. Excédé de les voir faire fuir ses éperviers. Grâce à ce nouveau passe-temps, notre homme ramasse souvent des lots intéressants qu’il met en vente sur Le Bon Coin. Malgré quelques convocations au commissariat local qui se terminent autour d’une bonne pinte. Il est vrai que ces essaims de drones sont une nouvelle nuisance qui dérange dans la région… En ce qui concerne votre livre, il a terminé comme allume-feu dans une cheminée, mais vous êtes dédommagé de la course. Bien qu’un peu déçu·e, on le comprend évidemment.

Un scénario pas si éloigné

Ce qui vient d’être décrit s’inspire de technologies en développement, bien réelles, plus ou moins fonctionnelles. À travers lesquelles, un nombre conséquent de startups flairent un juteux marché. On se souvient des travaux d’Amazon sur des dirigeables larguant des drones, inspirant les internautes. Chaque annonce d’une nouvelle technologie de drones livreurs relance fantasmes et débats dans une bourrasque d’articles comme celui-ci.

Un internaute s’est amusé à imaginer à quoi pourrait ressembler le projet d’Amazon

Matternet, Internet en drones ?

Un entrepreneur grecque du nom d’Andreas Raptopoulos n’a pas pour priorité de résoudre la futilité de nos petits tracas individuels de livraison rapide, pour l’instant du moins. Sa volonté est de mettre à profit les drones pour la résolution de réels problèmes comme l’accès aux soins. C’est dans ce but qu’il crée en 2011 Matternet, efficace contraction de «Problème » et de « Réseau ». Son idée ? Développer un maillage de drones automatiques sur le continent Africain  afin de livrer du matériel médical, et tout ce qui peut être essentiel dans des villes et des provinces mal desservies par la route.

Ce réseau, comme internet, déplace des paquets dans une immense toile d’araignée, à la différence près que les paquets de Matternet sont bien réels et qu’il dépend lui-même du réseau internet.

Sur le papier c’est une parfaite alternative pour que des endroits inaccessibles par la route puissent bénéficier de marchandises et médicaments d’urgence.

Les hélicoptères peuvent se rhabiller

Le fondateur de Matternet estime que le vol d’un drone Matternet sur 10km revient à 24 centimes dont 2 centimes d’électricité. S’i l’on ose la comparaison avec un hélicoptère de 4 tonnes à 800 euros de l’heure cela peut faire quelques économies. C’était pourtant jusqu’ici le seul moyen de transport aérien pratique pour couvrir de courtes distance par les airs. Sans compter, qu’en plus de leur prix et de leur empreinte carbone douteuse pour cet usage, il arrive que ça se passe mal pour les hélicos. On l’a vu avec un accident à Los Angeles au début du mois, frôlant la tragédie. Pour finalement devenir une comédie burlesque : quelques instants après le crash de l’appareil sur l’helipad de l’hôpital auquel il fournissait une greffe, un médecin se précipite pour récupérer la transplantation de cœur bien secouée et l’emmener à la salle d’opération. Comme si elle n’en avait pas eu assez, l’homme trébuche quelques mètres plus loin faisant tomber par terre la boîte contenant l’organe par terre. L’homme, déterminé par son objectif, se relève et poursuit. L’histoire nous raconte que tout s’est miraculeusement bien fini pour la transplantation et pour les pilotes. Sauf pour l’hélico, que l’on pourra apprécier transformé en canettes de soda.

Sous le capot des drones

Les drones Matternet sont autoguidés. Il peuvent parcourir 10 kilomètres en quinze minutes et volent à une altitude de 400 pieds (environ 120m). avec une autonomie de 20km. Ils dépendent de bornes, qui les sécurisent et automatisent toute la chaîne, la vidéo ci-dessous est une bonne présentation de leur fonctionnement.

Vidéo commerciale de Matternet présentant son système de livraison urbain dédié aux hôpitaux

Déjà éprouvés aux états-unis, et même par la Poste Suisse entre deux hôpitaux, c’est au début du mois qu’un nouvel aperçu nous en a été donné dans la ville de Berlin. Le 17 novembre marque l’officialisation d’une ligne reliant le laboratoire central de Labour Berlin, le campus de l’hôpital Charité Benjamin Franklin et la clinique Covid de Viventes (Corona-Behandlungszentrum Jafféstraße). D’après Matternet, la technologie a le potentiel servir des millions de patients chaque année.

La pandémie de coronavirus a conduit à la nécessité de prendre des précautions supplémentaires à tous les niveaux. Les drones et les véhicules autonomes peuvent ainsi limiter les contacts inutiles entre les coursiers, les clients, les patients et les personnels de santé. En réduisant potentiellement la propagation de l’infection.

Une première façon de voir à quoi pourrait ressembler un monde futuriste, mais pas forcément éloigné, dont le ciel se remplirait de drones. Et qui livrerait, pourquoi pas des kebabs.

La blague du jour

Matternet et internet sont au café des réseaux.

–  Tu sais qui je suis ? Lance froidement Internet.
–  Bien-sûr. Répond Matternet
– Toi t’es qui ? Je t’ai permis de te mettre à côté de moi ?
– Je suis le réseau des paquets. Répond sagement Matternet
– Je m’en bats les reins, sors de mon bar.
– D’accord :’(
– C’est moi le réseau des paquets ici.

L’auteur de cette blague vit une retraite paisible dans un village Ardéchois où il se passionne pour la couture et le stand-up. Malgré nos encouragements, il s’est toujours refusé à ouvrir une cagnotte Tipeee, préférant un anonymat total.

ParBlonde,
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