Il faut sauver le cinéma Français

Il faut sauver le cinéma Français

Le cinoche tricolore a pris cher. Va-t-il se relever ? Beh oui. Comment ? On vous livre nos pronostics. 

DES TUCHES À GASPAR NOÉ

Ah, le cinéma français. Ses palmes d’or, ses films indés, ses comédies lourdingues, ses daubes, ses drames, ses chefs-d’œuvres oscarisés,…La palette est assez large, contrairement à ce que pourraient lancer les détracteurs du 7ème art hexagonal. Ces derniers lui reprochent – souvent – son manque d’audace, son penchant pour les films avec Christian Clavier ou encore son amour des huits-clos nombrilistes. 

Sauf que, dans l’ordre : les rares productions qui ont tenté de pallier au manque d’audace se sont vautrées en imitant les productions hollywoodiennes, avec 1/10ème du budget moyen d’un blockbuster. Pour ce qui est des films avec Christian Clavier, ils obéissent ni plus ni moins à l’intérêt principal de la production cinématographique : l’argent. Quand aux films d’appartements tournés à Paris, c’est pour certains créateurs la meilleure façon d’échapper aux deux premiers cas. 

Alors, bien évidemment, il existe tout un tas d’exceptions. Au hasard, les films de Kervern et Delépine, les comédies de Dupieux, les séries Canal… sans oublier certains films d’animation d’exception. 

Le cinoche français, c’est aussi un héritage bien préservé, avec des centaines de festivals partout en France, une galerie de cinéastes vénérés aux quatre coins du globe (Tati, Cocteau, Rohmer, Truffaut, Godard, Varda,…). Un passé glorieux, un présent douteux…et pourquoi pas un futur heureux ? 

TIENS, UN FILM SANS KAD MERAD

Les (vilains) détracteurs évoqués ci-dessus pointent toutefois un vrai problème de fond : le renouvellement du CF (une critique tout aussi imputable au ciné ricain, hein). À l’origine, il s’agit de raconter des histoires via la projection d’images sur une toile. La question est : pourquoi a-t-on l’impression de voir et revoir toujours les mêmes films ? 

Pour une raison très simple : les risques artistiques ont été déportés sur les séries. À moindre coût (enfin ça dépend lesquelles) la série permet d’expérimenter plus facilement au niveau artistique, avec une marge de manœuvre bien plus malléable que celle d’une sortie en salles. 

En ce sens, le coût d’un film aujourd’hui ne peut laisser place à aucun pari du côté des recettes éventuelles. Surtout lorsqu’on voit qu’en ce début d’année (sur la tranche janvier-février 2020, la seule à pouvoir être comptabilisée comme période de fréquentation réelle pour le moment), seulement 7 films sortis ont permis aux distributeurs d’amortir leurs investissements. 

Ce qui pousse les prods et distributeurs à acheter puis vendre des films qui cochent toutes les cases du gain maximisé. Ses cases se traduisent par des critères, appartenant eux-mêmes à des genres bien définis. Le problème : ces genres sont de moins en moins nombreux, et tendent de plus en plus vers l’uniformisation. 

Exemples : la comédie romantique entre filles, le drame familial en Bretagne, la super-prod d’action produite par Luc Besson, la suite d’une comédie cash-machine, un simili trash de Gaspar Noé,…Derrière ces ersatz, on ne retrouve plus un studio de prod  mais facilement 10 grosses productions différentes associées. Sans parler des 54 soutiens fournis par les régions, les associations, les fonds d’aide,…Tant monter un film relève aujourd’hui du chemin de croix. Donc imagine un peu à quoi ça va ressembler après cette petite crise post-covid. 

GOD SAVE NETFLIX 

Le 22 juin dernier, les salles de cinéma rouvraient partout en France, après 3 mois de fermeture. “ Trop cool ” auraient pu se dire les exploitants, sauf qu’il manquait en a peine “ mois..; 400 millions dans les caisses. Même si la fréquentation des salles obscures est loin d’être en berne (213,3 millions de spectateurs en 2019), du côté de la production on sait que les affaires vont être difficiles. C’est à ce moment-là qu’on se tourne vers ceux qui ont de la maille : le grand N rouge, la boîte à Bezos ou l’empire de Mickey. 

Typiquement, la sortie du film “Forte” avec Valérie Lemercier et Melha Bedia devait sortir le 18 mars dernier (pas de bol, la veille, notre Président bien-aimé annonce la mise sous cloche de notre beau pays). Heureusement, quelques semaines plus tard, Amazon rachète le film pour la somme de 2,6 millions d’euros. Un rachat plus que bienvenu, qui pourrait servir d’exemple dans les prochains mois, voire années. 

C’est sûr : non seulement les plateformes vont être de plus en plus sollicitées par les représentants du grand écran, mais il se pourrait bien qu’elles jouent un rôle considérable dans le relèvement de l’économie cinématographique française. 

Oui Monsieur. 

UN GRAND POUVOIR IMPLIQUE…

La crise artistique et économique que connaît le cinéma français s’accompagne d’une crise politique. On l’a déjà oublié, mais le 28 février dernier, c’était le zbeul à la Salle Playel. 

Polanski reçoit le César du Meilleur Réalisateur, Adèle Haenel se barre, Foresti la suit, tandis que Nicolas Bedos et Fanny Ardant affichent une fois dehors leurs plus beaux sourires (émus tous les deux d’avoir remporté une statuette), face à des manifestant.e.s ulcérées à l’annonce d’une récompense accordée au réalisateur de Rosemary’s Baby, resté quasi impuni depuis 1977 (date de son premier procès, à l’issu duquel il purgea 42 jours de prison aux States). 

Après ça (ça = MeToo + toutes les affaires de harcèlement qui ont ressurgi ces 24 derniers mois), un bon ménage apparaît nécessaire. Comme un (vrai) bouleversement du côté des institutions et des acteurs majeurs du secteur (CNC, Académie des Césars, jurys, syndicats, agences…). En clair, on est en droit de supposer que l’investissement des plateformes américaines pourrait changer la donne dans certaines décisions politiques, non plus alimentées par l’entre-soi quasi familial qui régissait le cinéma français jusqu’ici, mais par des choix drastiquement économiques, donc plus rationnels (avec toute la bienveillance humaniste et le respect des droits du travail qui caractérisent les GAFAM).

DE NOUVEAUX VISAGES 

L’un des avantages que pourrait représenter le sauvetage par le biais des plateformes, c’est d’apporter plus de fraîcheur, de proximité et de souplesse entre deux “mondes” bêtement interposés : les séries et le cinéma. Dans cet ordre idée, on pourrait imaginer un accès plus facile et transparent de certains créateurs vers le grand écran. Notamment les youtubeurs, auteurs de contenus web et toutes les autres personnalités inventives bouillonnantes qui se sentent déjà à l’étroit sur Insta, Tiktok ou Twitch. 

Bref, pas mal de changements sont attendus dans l’industrie du cinéma – à l’échelle nationale et internationale. De la même façon que la crise de 1929, la 2ème Guerre Mondiale, les révolutions des 60’s ou les attentats de 2001 ont profondément marqué la création audiovisuelle, nul doute que la crise actuelle va marquer, à son tour, l’histoire du 7ème art. Pour le pire et pour le meilleur. 

ParYohan Huvelle,
le

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